Les oreilles peuvent présenter des anomalies de forme et de volume : on les appelle alors communément les oreilles décollées.

Ces anomalies esthétiques peuvent constituer un inconfort, voire une souffrance importante pour les patients, et ce dès le plus jeune âge.

Ce type d’intervention est en partie pris en charge par l’assurance maladie.

Elle consiste à corriger les défauts présents pour donner aux oreilles une allure naturelle et harmonieuse. La correction peut se faire dès l’age de six ans si la motivation est bien exprimée par l’enfant.

Information médicale avant une chirurgie des oreilles décollées (otoplastie)

Objectifs du traitement


La correction d’oreilles décollées nécessite une intervention chirurgicale, appelée otoplastie, visant à remodeler les pavillons jugés excessivement visibles. L’opération est habituellement réalisée sur les deux oreilles, mais peut parfois être unilatérale.

On peut schématiquement distinguer trois types de malformations qui sont souvent plus ou moins associées entre elles :

  • Angulation trop importante entre le pavillon de l’oreille et le crâne, réalisant le vrai “décollement” (Hélix Valgus).
  • Taille excessive du cartilage de la conque projetant l’oreille vers l’avant, ce qui accentue l’aspect d’collé (hypertrophie de la conque).
  • Un défaut de plicature des reliefs habituels du cartilage, qui fait que le pavillon de l’oreille a un aspect trop lisse, comme “d?pliss?” (défaut de plicature de l’anthélix).

L’intervention vise à corriger définitivement ces anomalies en remodelant le cartilage, de façon à obtenir des oreilles harmonieuses, symétriques, de taille et d’aspect naturels, permettant ainsi de mettre fin aux moqueries et autres remarques désobligeantes susceptibles d’être à l’origine de difficultés psychologiques ou de conflits scolaires. Une otoplastie peut être réalisée chez l’adulte ou l’adolescent, mais la plupart du temps, la correction est envisagée dès l’enfance ; elle peut être pratiquée à partir de l’âge de six ans, dès lors que l’enfant se plaint de son aspect et en souffre.

Modalités d’intervention


Type d’anesthésie et d’hospitalisation

L’intervention se déroule sous anesthésie locale ou générale à la clinique, au bloc opératoire. L’intervention peut être réalisée en mode ambulatoire.

Technique chirurgicale

L’incision cutanée se situe dans le sillon rétro-auriculaire, c’est-à-dire dans le pli naturel situé derrière l’oreille. Dans certains cas, de petites incisions complémentaires seront pratiquées à la face antérieure du pavillon, mais elles seront alors dissimulées. Le principe du remodelage cartilagineux est de recréer ou d’améliorer les reliefs naturels par affinement et plicatures, éventuellement maintenus par de fines sutures profondes. Parfois, des sections ou des résections du cartilage sont nécessaires. Enfin, le pavillon est ramené en bonne position par rapport au crâne et fixé par des points profonds.

Sutures : Classiquement, des fils résorbables sont utilisés ; sinon, ils devront être retirés vers le dixième jour.

Pansement : Il est réalisé grâce à des bandes élastiques autour de la tête afin de maintenir les oreilles en bonne position.

Pour aller plus loin


Les suites opératoires attendues

La douleur est traitée par des antalgiques et disparaît en quelques jours. Cependant, l’oreille peut rester sensible pendant quelques semaines.

Il peut y avoir un oedème et des saignements modérés juste après l’intervention ; les oreilles pourront alors apparaître gonflées, avec des reliefs masqués par l’oedème (gonflement). Des bleus plus ou moins importants sont parfois présents. Cet aspect éventuel ne doit pas inquiéter : il n’est que transitoire et ne compromet absolument pas le résultat final.

Les soins post-opératoires comprennent la réalisation de pansements. L’ablation des points se fait au quinzième jour.

Une compression par bandeau est prescrite pendant quinze jours, nuit et jour, et quinze jours uniquement la nuit.

Les suites opératoires compliquées

  • Un hématome, pouvant nécessiter un drainage sous anesthésie locale.
  • Une infection, pouvant entraîner une déformation de l’oreille par nécrose du cartilage.
  • Des oreilles sensibles, génant le port de lunettes.
  • Des troubles de cicatrisation de la peau qui devient épaisse, sensible et disgracieuse : il s’agit de cicatrices chéloïdes qui nécessitent une prise en charge sp?cifique par injection de corticoïdes.
  • Les imperfections de résultat : elles peuvent survenir secondairement du fait de réactions tissulaires inattendues ou de phénomènes cicatriciels inhabituels.

On peut observer de petites irrégularités de reliefs ou une plicature un peu trop saillante, un rétrécissement de l’orifice du conduit auditif, une perception des fils profonds ou une récidive du décollement (en principe partielle). Ces petits défauts, quand ils existent, sont habituellement discrets et n’attirent pas le regard. Pour autant, le cas échéant, ils sont toujours accessibles à une petite “retouche” qui se fera la plupart du temps sous simple anesthésie locale.

Petites choses à savoir

Prévoir une interruption de travail d’une semaine à dix jours.

Après l’intervention, il faut protéger les oreilles de tout traumatisme.

Le résultat : un délai de un à deux mois est nécessaire pour apprécier le résultat final. C’est le temps nécessaire pour que les tissus se soient assouplis et que la totalité de l’oedème se soit résorbé, laissant apparaître nettement les reliefs de l’oreille. Passé ce délai, seules les cicatrices seront encore un peu rosées et indur?es avant de s’estomper.